Sixième partie :
9 Mai 2037 :
Cela faisait un peu plus de deux ans que j'étais à l'institut. Lommée n'avait pas changé. Les dons de Marilia pour la pratique appartenaient toujours au domaine du néant. Cependant, elle continuait de progresser petit à petit grâce à mon aide.
Nos sens d'elfes commençaient à s'aiguiser. Ainsi, l'on nous entrainait à écouter des murmures à dix mètres à la ronde. Comme à chaque fois, mon ouïe était la plus puissante.
L'on commençait aussi à nous inculquer les principes et connaissances de notre mythologie. Ainsi, j'appris que l'ensemble des peuples étaient polythéistes et que nous étions protégés par quatre Dieux, représentant chacun de nos peuples. Notre déesse était Hyornée, déesse de l'eau, de la sagesse et de l'esprit combatif. Celle du peuple des dragons se nommait Polythée, déesse du feu, de la connaissance et de l'habileté au combat. Le dieu des fées se nommait Elitho, dieu du vent, des émotions et de la grâce. Enfin venait Tujira, celui des lutins, dieu de la terre, de la force et du courage. Ils étaient nés dans l'ordre cité et les années avaient été calculées selon le même enchaînement. Nous étions donc dans l'année de l'eau. L'année de notre déesse, Hyornée.
On nous expliqua ensuite que ces dieux avaient crée les quatre peuples vivant sur cette planète à l'image de chacun d'entre eux et qu'il y a bien longtemps, ils vivaient parmi nos ancêtres.
Cela me surprit. Je levai la main.
« _Monsieur, comment des êtres aussi puissants arrivaient-ils à vivre en harmonie avec nos aïeux ?
_Eh bien... Ils offraient beaucoup de leur personne à leur dieu. Et en échange, ce dernier accédait à leur requête. Ce n'était pas une époque facile, car toute personne ne voulant pas prier pour leur dieu était considérée comme un paria. Et beaucoup de personnes l'ont été.
_Pourquoi cela ?
_Tout simplement car une majorité désirait s'en sortir par ses propres moyens, aussi faibles fussent-ils. C'était une question d'honneur et de dignité. Mais ce n'est pas tout. En réalité, nous avons découvert à travers des écrits que, certains de ces exclus étaient d'abord entrés en contact avec leur dieu. Et le plus surprenant, c'était que les dieux avaient fait la même demande auprès de ces personnes : ne plus rien leur apporter. Ne plus rien leur demander. Au début, personne n'y croyait. L'on pensait alors à des hallucinations, à de la folie. Cependant, lorsqu'un prêtre en comprit la raison, tout devint clair. La puissance des dieux ne peut être prêtée aux êtres élémentaires. Elle est bien trop grande et ne pourrait être contrôlée. Elle serait abusée. Ou, si elle venait à tomber entre de mauvaises mains, elle pourrait peut-être détruire ce monde. »
Je n'avais jamais autant été passionnée par un cours.
« _Comment se fait-il que les dieux ne vivent plus parmi nous ? demanda Marilia.
_Il s'avère que des prêtres très puissants les ont scellés derrière une porte, leur créant ainsi un monde, mais aussi, empêchant leur puissance d'influer sur le notre. Mais tout cela reste un peu flou.
_Ce qui veut aussi dire que, si jamais un être venait à avoir une très grande puissance, égalant celle d'un dieu, personne ne pourrait l'arrêter ?
_Eh bien... Ceci est un peu compliqué. Il y a quelques légendes à ce propos. Cependant, rien de concret, rien qui ne peut être prouvé.
_Je vois. »
« _Tu as peur de ce qui pourrait se passer, Marilia ?lui demandai-je d'un air mesquin.
_Ce n'est pas ça. Je pensais plutôt à l'enfant bénit.
_Tu sais quelque chose ?
_Euh... Non ! Enfin... Quand j'étais à Hifiacre, j'ai lu un livre qui parlait d'une grande puissance. Si grande qu'elle pourrait égaler celle d'un dieu. Et je pensais que peut-être le fait d'être enfant bénit a un lien avec la puissance de notre déesse. »
Je la regardai les yeux écarquillés. Elle m'épatait.
« _Qu-Qu'est-ce qu'il y a ?
_Tu es fantastique.
_Mais je... Enfin non... »
_Si ! Mais tu sais... J'aurais vraiment aimé ne pas avoir à être l'enfant bénit. Je ne comprends toujours pas à quoi cela correspond. En plus, cela ne m'a apporté que des ennuis jusqu'à présent.
_Oui...
_Ah! Excuse-moi, je dois rentrer, mes parents ne partent pas ce soir!
_À demain Galiphène ! »
Cela me gênait de parler d'une telle chose avec Marilia. Cependant, je ne voulais pas de ce titre. Non. Il m'était inutile. Il m'avait différenciée depuis ma plus tendre enfance. Il était devenu un véritable calvaire.
9 Mai 2037 :
Cela faisait un peu plus de deux ans que j'étais à l'institut. Lommée n'avait pas changé. Les dons de Marilia pour la pratique appartenaient toujours au domaine du néant. Cependant, elle continuait de progresser petit à petit grâce à mon aide.
Nos sens d'elfes commençaient à s'aiguiser. Ainsi, l'on nous entrainait à écouter des murmures à dix mètres à la ronde. Comme à chaque fois, mon ouïe était la plus puissante.
L'on commençait aussi à nous inculquer les principes et connaissances de notre mythologie. Ainsi, j'appris que l'ensemble des peuples étaient polythéistes et que nous étions protégés par quatre Dieux, représentant chacun de nos peuples. Notre déesse était Hyornée, déesse de l'eau, de la sagesse et de l'esprit combatif. Celle du peuple des dragons se nommait Polythée, déesse du feu, de la connaissance et de l'habileté au combat. Le dieu des fées se nommait Elitho, dieu du vent, des émotions et de la grâce. Enfin venait Tujira, celui des lutins, dieu de la terre, de la force et du courage. Ils étaient nés dans l'ordre cité et les années avaient été calculées selon le même enchaînement. Nous étions donc dans l'année de l'eau. L'année de notre déesse, Hyornée.
On nous expliqua ensuite que ces dieux avaient crée les quatre peuples vivant sur cette planète à l'image de chacun d'entre eux et qu'il y a bien longtemps, ils vivaient parmi nos ancêtres.
Cela me surprit. Je levai la main.
« _Monsieur, comment des êtres aussi puissants arrivaient-ils à vivre en harmonie avec nos aïeux ?
_Eh bien... Ils offraient beaucoup de leur personne à leur dieu. Et en échange, ce dernier accédait à leur requête. Ce n'était pas une époque facile, car toute personne ne voulant pas prier pour leur dieu était considérée comme un paria. Et beaucoup de personnes l'ont été.
_Pourquoi cela ?
_Tout simplement car une majorité désirait s'en sortir par ses propres moyens, aussi faibles fussent-ils. C'était une question d'honneur et de dignité. Mais ce n'est pas tout. En réalité, nous avons découvert à travers des écrits que, certains de ces exclus étaient d'abord entrés en contact avec leur dieu. Et le plus surprenant, c'était que les dieux avaient fait la même demande auprès de ces personnes : ne plus rien leur apporter. Ne plus rien leur demander. Au début, personne n'y croyait. L'on pensait alors à des hallucinations, à de la folie. Cependant, lorsqu'un prêtre en comprit la raison, tout devint clair. La puissance des dieux ne peut être prêtée aux êtres élémentaires. Elle est bien trop grande et ne pourrait être contrôlée. Elle serait abusée. Ou, si elle venait à tomber entre de mauvaises mains, elle pourrait peut-être détruire ce monde. »
Je n'avais jamais autant été passionnée par un cours.
« _Comment se fait-il que les dieux ne vivent plus parmi nous ? demanda Marilia.
_Il s'avère que des prêtres très puissants les ont scellés derrière une porte, leur créant ainsi un monde, mais aussi, empêchant leur puissance d'influer sur le notre. Mais tout cela reste un peu flou.
_Ce qui veut aussi dire que, si jamais un être venait à avoir une très grande puissance, égalant celle d'un dieu, personne ne pourrait l'arrêter ?
_Eh bien... Ceci est un peu compliqué. Il y a quelques légendes à ce propos. Cependant, rien de concret, rien qui ne peut être prouvé.
_Je vois. »
« _Tu as peur de ce qui pourrait se passer, Marilia ?lui demandai-je d'un air mesquin.
_Ce n'est pas ça. Je pensais plutôt à l'enfant bénit.
_Tu sais quelque chose ?
_Euh... Non ! Enfin... Quand j'étais à Hifiacre, j'ai lu un livre qui parlait d'une grande puissance. Si grande qu'elle pourrait égaler celle d'un dieu. Et je pensais que peut-être le fait d'être enfant bénit a un lien avec la puissance de notre déesse. »
Je la regardai les yeux écarquillés. Elle m'épatait.
« _Qu-Qu'est-ce qu'il y a ?
_Tu es fantastique.
_Mais je... Enfin non... »
_Si ! Mais tu sais... J'aurais vraiment aimé ne pas avoir à être l'enfant bénit. Je ne comprends toujours pas à quoi cela correspond. En plus, cela ne m'a apporté que des ennuis jusqu'à présent.
_Oui...
_Ah! Excuse-moi, je dois rentrer, mes parents ne partent pas ce soir!
_À demain Galiphène ! »
Cela me gênait de parler d'une telle chose avec Marilia. Cependant, je ne voulais pas de ce titre. Non. Il m'était inutile. Il m'avait différenciée depuis ma plus tendre enfance. Il était devenu un véritable calvaire.