Chapitre 2 : Apprentissage

Sixième partie :

9 Mai 2037 :
Cela faisait un peu plus de deux ans que j'étais à l'institut. Lommée n'avait pas changé. Les dons de Marilia pour la pratique appartenaient toujours au domaine du néant. Cependant, elle continuait de progresser petit à petit grâce à mon aide.
Nos sens d'elfes commençaient à s'aiguiser. Ainsi, l'on nous entrainait à écouter des murmures à dix mètres à la ronde. Comme à chaque fois, mon ouïe était la plus puissante.
L'on commençait aussi à nous inculquer les principes et connaissances de notre mythologie. Ainsi, j'appris que l'ensemble des peuples étaient polythéistes et que nous étions protégés par quatre Dieux, représentant chacun de nos peuples. Notre déesse était Hyornée, déesse de l'eau, de la sagesse et de l'esprit combatif. Celle du peuple des dragons se nommait Polythée, déesse du feu, de la connaissance et de l'habileté au combat. Le dieu des fées se nommait Elitho, dieu du vent, des émotions et de la grâce. Enfin venait Tujira, celui des lutins, dieu de la terre, de la force et du courage. Ils étaient nés dans l'ordre cité et les années avaient été calculées selon le même enchaînement. Nous étions donc dans l'année de l'eau. L'année de notre déesse, Hyornée.
On nous expliqua ensuite que ces dieux avaient crée les quatre peuples vivant sur cette planète à l'image de chacun d'entre eux et qu'il y a bien longtemps, ils vivaient parmi nos ancêtres.
Cela me surprit. Je levai la main.
« _Monsieur, comment des êtres aussi puissants arrivaient-ils à vivre en harmonie avec nos aïeux ?
_Eh bien... Ils offraient beaucoup de leur personne à leur dieu. Et en échange, ce dernier accédait à leur requête. Ce n'était pas une époque facile, car toute personne ne voulant pas prier pour leur dieu était considérée comme un paria. Et beaucoup de personnes l'ont été.
_Pourquoi cela ?
_Tout simplement car une majorité désirait s'en sortir par ses propres moyens, aussi faibles fussent-ils. C'était une question d'honneur et de dignité. Mais ce n'est pas tout. En réalité, nous avons découvert à travers des écrits que, certains de ces exclus étaient d'abord entrés en contact avec leur dieu. Et le plus surprenant, c'était que les dieux avaient fait la même demande auprès de ces personnes : ne plus rien leur apporter. Ne plus rien leur demander. Au début, personne n'y croyait. L'on pensait alors à des hallucinations, à de la folie. Cependant, lorsqu'un prêtre en comprit la raison, tout devint clair. La puissance des dieux ne peut être prêtée aux êtres élémentaires. Elle est bien trop grande et ne pourrait être contrôlée. Elle serait abusée. Ou, si elle venait à tomber entre de mauvaises mains, elle pourrait peut-être détruire ce monde. »
Je n'avais jamais autant été passionnée par un cours.
« _Comment se fait-il que les dieux ne vivent plus parmi nous ? demanda Marilia.
_Il s'avère que des prêtres très puissants les ont scellés derrière une porte, leur créant ainsi un monde, mais aussi, empêchant leur puissance d'influer sur le notre. Mais tout cela reste un peu flou.
_Ce qui veut aussi dire que, si jamais un être venait à avoir une très grande puissance, égalant celle d'un dieu, personne ne pourrait l'arrêter ?
_Eh bien... Ceci est un peu compliqué. Il y a quelques légendes à ce propos. Cependant, rien de concret, rien qui ne peut être prouvé.
_Je vois. »

« _Tu as peur de ce qui pourrait se passer, Marilia ?lui demandai-je d'un air mesquin.
_Ce n'est pas ça. Je pensais plutôt à l'enfant bénit.
_Tu sais quelque chose ?
_Euh... Non ! Enfin... Quand j'étais à Hifiacre, j'ai lu un livre qui parlait d'une grande puissance. Si grande qu'elle pourrait égaler celle d'un dieu. Et je pensais que peut-être le fait d'être enfant bénit a un lien avec la puissance de notre déesse. »
Je la regardai les yeux écarquillés. Elle m'épatait.
« _Qu-Qu'est-ce qu'il y a ?
_Tu es fantastique.
_Mais je... Enfin non... »
_Si ! Mais tu sais... J'aurais vraiment aimé ne pas avoir à être l'enfant bénit. Je ne comprends toujours pas à quoi cela correspond. En plus, cela ne m'a apporté que des ennuis jusqu'à présent.
_Oui...
_Ah! Excuse-moi, je dois rentrer, mes parents ne partent pas ce soir!
_À demain Galiphène ! »

Cela me gênait de parler d'une telle chose avec Marilia. Cependant, je ne voulais pas de ce titre. Non. Il m'était inutile. Il m'avait différenciée depuis ma plus tendre enfance. Il était devenu un véritable calvaire.
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# Posté le dimanche 20 septembre 2009 09:00

Chapitre 3 : La fin d'une histoire, le début d'une autre.

Première partie :

21 décembre 2039 :

J'ai eu mes dix ans. Les examens de fin d'année étaient concluants. Je connaissais désormais l'ensemble des techniques requises pour pouvoir quitter l'institut. Mieux, je les maîtrisais à la perfection. Il m'arrivait même de m'entraîner avec les professeurs, qui, malgré mon jeune âge, n'arrivaient pas toujours à me résister.
Pour ce qui était des armes, mon choix s'était rapidement porté sur un katana. Son tranchant m'avait tout de suite captivée. Il avait d'abord été lourd à manier à cause du poids de la lame. Cependant, la pratique m'avait endurcie et j'arrivais maintenant à parer quelques coups et à porter les miens avec un peu plus de précision.
Même si un bâton était suffisant pour l'entraînement, je préférais de loin observer les reflets de la lame à la lumière du crépuscule, près de la rivière d'Argan. Les reflets étaient tels que l'on aurait dit qu'elle était en feu, qu'en elle brûlait la même ardeur que celle présente dans mon esprit.
Comme je l'avais prédit, le vieil homme n'était pas revenu. Je ne savais pas ce qu'il était devenu.
Marilia me suivait parfois en ce lieu, s'entraînant aux techniques de bases avec l'eau de la rivière. Elle me surprenait toujours autant. Autant par l'étendue de ses connaissances, autant par le fait qu'elle fût toujours incapable d'utiliser une incantation de base à son âge. D'ailleurs, elle n'était pas sur le point de quitter l'institut.
Comme beaucoup d'autres de « Lommée ».
Voire de la promotion.
En y repensant, j'étais la seule ayant les capacités de quitter l'établissement. J'allais même sortir deux ans en avance. Qu'allais-je donc faire de mon temps?
Marilia me sortit de mes pensées.
« _Dis-moi... Pourquoi je n'arrive qu'à faire les bases sans aller plus loin ? Je ne peux toujours pas invoquer une grande quantité d'eau. Seulement quelques gouttes.
_Tu me demandes ça ? Eh bien... Je ne sais pas. Pourtant, les incantations et les maîtrises de bases ne me paraissent pas si différentes.
_Je ne comprends vraiment pas comment tu arrives si bien à tout faire sans même connaître ça... Veux-tu que je t'explique ?
_Eh bien... Vas-y ! »
Jamais je ne me lasserai d'entendre ses explications. Je rangeai la lame de mon arme dans son fourreau, m'asseyant à côté de la belle.
« _C'est pourtant simple. En fait, les bases, c'est simplement contrôler l'élément déjà présent, ou alors, c'est tout juste créer quelques molécules d'eau en utilisant l'humidité présente dans l'air et l'eau de ton corps afin de constituer une sphère d'eau ou des mouvements grossiers, tels ceux que nous avons appris lors de notre première année. À savoir les seuls que je maîtrise, et encore, en quatre ans. Les incantations sont beaucoup plus puissantes. Tu peux déjà en utiliser plusieurs d'entre elles, comme le bouclier, ou les projectiles plus rapides, comme les aiguilles.
_Je ne maîtrise pas cette dernière.
_Si tel était le cas, je pense que tu ne serais plus l'enfant bénit de Hyornée, mais tu serais Hyornée elle-même. Ces dernières sont semblables à celle qu'invoquent l'armée de notre élément. Elles requièrent un grand niveau de pratique et d'expérience. Il parait que certaines peuvent même contrôler les esprits. Elles sont plus généralement maîtrisées par les soldats impériaux puisque nous, la population non militaire n'en avons pas besoin.
_Je vois... Cela dépend de la voie que l'on choisit lors de nos seize ans, c'est bien ça ?
_Ah! Alors il t'arrive tout de même d'écouter en cours ? »
Elle rit. Je créai une sphère d'eau, la désintégrant en face de son visage. Elle se retrouva trempée mais continuait de rire, se roulant dans l'herbe. Je la regardai, perplexe. Je ne comprenais pas ce qu'il y avait de drôle.
Je l'interrompis.
« _Dis... Tu ne trouves pas qu'il y a quelque chose qui est étrange dans le village ?
_Comment ça ?
_Eh bien... Même s'il n'est pas coutume de voir des dragons et des lutins passer par ici, j'ai l'impression que même les marchands se font de plus en plus rares.
_Oui, je l'ai remarqué. Je ne saurais te dire pourquoi. Mais j'espère simplement que ce ne sont que des tensions pouvant être réglées par la voie diplomatique.
_Tu es vraiment impressionnante, tu sais !
_P-Pourquoi ?
_Jamais je n'aurais pensé à un tel moyen ! Tu penses que c'est si grave ?
_Aucune idée. Nous verrons bien en temps voulu.
_Le soleil est presque couché.
_Je dois y aller, ma maison n'est pas à deux pas d'ici. À demain, Galiphène !
_Oui ! »
Nous nous dîmes au revoir.
Elle était désormais hors de ma vue. Je me relevai donc.
J'entendis quelqu'un approcher. Je saisis mon arme. Attendis. Il n'était pas discret. Certainement me sous-estimait-il à cause de mon apparence. Cependant, je pouvais ressentir quelque chose en lui. C'était la première fois que j'avais ce genre de sensation. Je posai mon sabre. Concentrai mon énergie.
Derrière un arbre.
Je tendis mes mains vers l'eau de la rivière. La fit valser vers l'arbre. Le pauvre être n'eut aucune chance. Sa garde était complètement baissée. Il ne s'attendait pas à ça venant de quelqu'un de mon gabarit. Il n'avait même pas pris la précaution de se défendre. Lorsque je réussis à distinguer son physique, je remarquai qu'il n'était pas un elfe. Il était à moitié sonné, s'étant cogné la tête contre le sol.
Je profitai de l'occasion pour m'échapper. Je courus aussi vite que je le pus.
Qu'était-ce cette sensation ? Ses émotions... Ses intentions... Je n'avais normalement pas les capacités de faire de telles choses. Ce domaine était réservé aux fées d'après les professeurs.


À peine eussé-je le temps de franchir le pas de ma porte que mon épaule gauche me brûla intensément. Je tombai à genoux.
Mes parents accoururent, sortis de nulle part. Une étrange marque s'était gravée sur l'omoplate. Qu'était-ce, que m'arrivait-il ?
Mes géniteurs ne paraissaient pas plus inquiets que cela. Ce qui, d'un côté, me rassura. De l'autre, je sentais que ma situation allait empirer.
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# Posté le samedi 26 septembre 2009 17:55

Chapitre 3 : La fin d'une histoire, le début d'une autre.

Deuxième partie :

21 décembre 2042 :

Trois ans s'étaient écoulés depuis que l'étrange marque était apparue.
Marilia était enfin sortie de l'institut, malgré le fait qu'elle ne puisse pas utiliser l'ensemble des incantations requises. Cependant, ses connaissances théoriques lui avaient permis de s'en sortir. Nous avions treize ans.
Nous arrivions à la fin de l'année du feu, année de célébration de la déesse Polythée.
Comme je l'avais déjà fait remarquer, les commerçants se faisaient se plus en plus rares et les tensions entre les pays devenaient de plus en plus palpables.
Quelque part, j'en étais effrayée. Qu'allait-il se passer si une nouvelle guerre venait à éclater ? Il y avait eu tellement de dégâts lors de la précédente... Du moins, de ce que l'on nous avait dit.
Deux soldats impériaux remarquèrent notre présence. L'un des deux me considéra un peu plus.
« _Es-tu Galiphène, l'enfant bénit de Hyornée ?
_Oui monsieur.
_Un messager est à ta recherche, il semblerait que tu sois convoquée au Centre par le seigneur Inary.
_Bien. Je m'y rends de ce pas ! »
Ils repartirent.
« _Je t'accompagne !
_Bien. »
Ce n'était pas la première fois en trois ans que le seigneur me faisait convoquer. Bien au contraire. À chacune de nos entrevues, il testait non seulement ma force, mais aussi ma capacité à contrôler mon énergie, et me faisait passer bien des tests. Le Conseil Supérieure n'y assistait plus que peu ou plus du tout.

Les deux gardes de l'immense porte d'entrée me reconnurent. Me laissèrent passer. Je me dirigeai vers la Grande Salle, dans laquelle trônait le seigneur. La porte arborant les enseignes de notre peuple s'ouvrit. J'entrai.
Je m'arrêtai à environ dix mètres du grand fauteuil. Jetai un ½il au seigneur puis posai un genou à terre.
« _Bonjour à toi, Auriale Galiphène.
_Bonjour, seigneur.
_Il semblerait que ton énergie ainsi que tes pouvoirs aient bien grandi ces derniers temps.
_Cela pose-t-il un problème, seigneur ?
_Te voilà bien directe. Pour être franc avec toi, cela m'inquiète. Non pas pour notre pays ou même pour cette Capitale, mais plutôt pour toi-même. Que feras-tu si jamais tu venais à ne plus contrôler cette puissance ?
_Je...
_Tu n'es pas obligée de répondre. Cependant, je ne t'ai pas faite venir ici pour parler de cela. Je sais que tu es encore jeune et qu'il y a beaucoup de choses qui n'importent peu à tes yeux. Cependant, je vais te demander de ne plus sortir de la Capitale.
_Pourquoi cela ?dis-je en relevant brusquement la tête.
_Il s'avère que des tensions commencent à jaillir des pays du feu et de la terre. Et il s'avère aussi que je suis au courant de ce qu'il s'est passé il y a trois ans. Combien d'attaques comme celle-ci as-tu subi ? »
Je détournai le regard, ne voulant pas répondre.
« _C'est ce que je pensais. Les autres Nations voudront certainement obtenir ta puissance. Tu es l'enfant bénit de Hyornée, ne l'oublie pas. Tu vas attirer bien des convoitises.
_Comment pourrais-je oublier une telle chose ! »
Je sentais la colère monter en moi.
« _Veuillez m'excuser, seigneur. Je dois me retirer. Au revoir. »
Je sortis, les poings serrés, toujours cette même branche épineuse se resserrant autour de mon c½ur. L'enfant bénit de Hyornée. Tu parles d'un honneur !
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# Posté le samedi 10 octobre 2009 10:12

Modifié le samedi 10 octobre 2009 15:10

Chapitre 3 : La fin d'une histoire, le début d'une autre.

Troisième partie :

16 juillet 2045 :

Seize ans. J'étais devenue une jeune fille. Mes dons s'étaient encore décuplés. Ma capacité à ressentir les émotions des autres aussi. Marilia était toujours à mes côtés.
Cette année était celle lors de laquelle nous devions choisir notre spécialisation. J'avais empruntée la voie militaire. Ma compagne m'avait suivie, malgré son manque de maîtrise des incantations d'ordre supérieure.
Nous étions de repos. Mes parents, comme toujours, étaient absents. Le seigneur devait leur assigner un nombre de tâches incalculables, même si je ne savais pas exactement en quoi consistait leur métier.
Cette année était celle de la terre. L'on nous avait communiqué que toute transaction avec les Pays des dragons terrestres et des lutins belliqueux était prohibée. Tout partage d'informations à propos des ressources du pays l'était tout autant.

Un messager déboula au Centre.
« _Je demande une audience avec le seigneur Inary tout de suite !
_Veuillez décliner votre rang. Ainsi je pourrai accéder à votre requête.
_Je suis Gopsé Jubras, messager de la quatrième division de l'armée impériale. J'ai un message d'une extrême urgence à délivrer au seigneur.
_Bien. Je vais voir ce que je peux faire.
_Tout de suite ! Insista l'elfe.
_Oui. »
Le garde commença à se diriger vers la Grande Salle. Le messager l'avait déjà rattrapé, l'écartant de son chemin par un coup d'épaule, poussant la porte grâce à un colonne d'eau.
« _Seigneur Inary, veuillez excuser mon intrusion, cependant, ce que j'ai à vous dire ne pouvait attendre.
_Que se passe-t-il ?
_Les espions et informateurs présents à la frontière de notre pays jouxtant celle du pays de la terre disent percevoir des mouvements suspects de la part des habitants de ce continent.
_Peux-tu m'expliquer la situation en détails ?
_Bien. »
Il se calma, reprit son souffle, prit un ton posé.
« _Il semblerait que les lutins belliqueux prévoient une attaque sur notre pays.
_Pour quand?
_Peut-être dans la semaine.
_Comment ?! Comment se fait-il que nous ne le sachions que maintenant, messager ?
_Je... Il semblerait que nos espions n'aient rien perçu d'anormal jusqu'à maintenant.
_Je vois. Bien. Gardes, faîtes venir les stratèges, le maréchal de notre pays et convoquez tous les elfes à la tête de la moindre petite troupe.
_Bien seigneur, répondirent trois gardes présents à ses côtés.
_Veillez aussi à ce que ces informations ne traversent pas ces murs.
_Ne serait-il pas plus avisé de prévenir la population de notre pays ?
_Non. Je ne préfère pas les inquiéter. De plus, nous ne savons pas si les lutins vont s'allier avec un autre peuple, bien que cela me semble peu probable. Créer de l'agitation ne fera que leur rendre la tâche plus facile.
_Je comprends, dit le garde. »
Les ordres furent exécutés.

Ce jour là, nous pûmes croiser beaucoup de ces hauts-gradés, créant quelques confusions dans les esprits des habitants. Cependant, beaucoup d'entre eux repartirent le soir même sur le territoire où ils commandaient leur troupe.
Décidément, la situation s'aggravait.
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# Posté le samedi 10 octobre 2009 10:16

Chapitre 3 : La fin d'une histoire, le début d'une autre.

Quatrième partie :

17 juillet 2045 :

Marilia et moi nous trouvions auprès de la rivière d'Argan afin de nous entraîner.
Un bruit étrange ainsi qu'une forte haine vinrent se heurter à mes sens. Qu'était-ce ?
Marilia l'entendit. Baissa sa garde, se rapprocha de moi.
Tout à coup, une énorme explosion eu lieu. La terre se mit à trembler. Le souffle de l'onde de choc vint nous caresser alors que son point de départ était situé à l'autre bout de la Capitale.
Nous fûmes aussitôt convoquées au Centre.
L'on nous mit alors au courant de la situation. Le plan d'évacuation et de protection d'urgence des villageois avait déjà été déployé.
Des équipes furent constituées. Je demandai à être avec Marilia, ce qui fut accepté. Nous formions ainsi des groupes de quatre, voire cinq personnes.
Nous partîmes ensuite sur le lieu qui nous avait été assigné. L'endroit où s'était déroulée l'explosion.
Le spectacle qui se présenta à mes yeux était tout sauf distrayant.
Tout avait été détruit. Tout.
Les échoppes, maisons et autres bâtisses. Les corps gisaient ci et là, parfois démembrés, parfois incandescents, dégageant une désagréable odeur de chair calcinée.
Pas de survivants. Plus rien à sauver.
Ce n'avait été qu'une annonce.
Les ennemis apparurent devant nos yeux. À leur silhouette grossière et leurs gestes maladroits et brusques, il s'agissait de lutins belliqueux.
Cependant, ce n'était pas fini. Au loin, dans le ciel, éclatèrent des boules de feu. Des dragons. Certainement pour attirer notre attention.
Ces petits êtres malingres s'étaient finalement alliés au peuple le plus intelligent. Cela allait déjà poser plus de problèmes. Leur nombre était bien trop supérieur au nôtre pour que l'on ait eu une chance de victoire, ou même de dominer la bataille.
De plus, malgré la supériorité de notre élément contre le feu, nous n'allions pouvoir contrôler toutes les zones de la Capitale, et ce, malgré le déploiement spectaculaire de nos forces, concentrées aux frontières de la ville.
Nous étions mal partis.
La peur n'obstruait pas l'esprit de Marilia, ce qui me rassura. Je n'avais pas besoin de m'inquiéter pour elle.
Cinq lutins chargèrent, créant une diversion afin que les autres puissent envahir la ville. Je dégainai mon katana, tranchant la carotide de l'un d'eux. Fis pivoter mon pied droit vers l'extérieur, entraînant le restant de mon corps, évitant une hache. Assommai l'assaillant d'un coup de coude derrière la tête.
De son côté, Marilia maîtrisait parfaitement l'art du bâton long. Même si ses coups n'étaient pas fatals, ils lui permettaient toujours de rester en vie. De plus, elle arrivait désormais à créer une sorte d'épée d'eau, pouvant transpercer la peau de l'ennemi. Je tentai de l'aider du mieux que je pouvais.
Lorsque nous en eûmes finis avec ces guerriers, nous commençâmes à accourir vers le centre de la ville. Cependant, nous fûmes arrêtées par la présence de dragons.
La tactique des êtres du feu était en train de payer. Tous les soldats présents à la frontière de la ville n'allaient pouvoir rejoindre le centre d'Hydrotike. Ils allaient ainsi pouvoir l'assiéger plus facilement, nos forces étant concentrées sur les attaques extérieures.
Pas le temps de contempler les stratagèmes ennemis. Une boule de feu surgit du ciel. Je l'esquivai.
Entendis un cri.
Marilia !
Elle était derrière moi au moment où j'avais évité le projectile incandescent. La sphère avait traversé son corps délicat...Ce corps qui supportait son âme... Ce corps si fragile...
Un flot d'énergie se mit à couler en moi. M'envahit. Me posséda. Je formai un arc d'eau ainsi que des flèches grâce à cette puissance. Visai le dragon. Réussis à le toucher à l'épaule gauche. Il tomba au sol. Je n'eus pas le temps de voir son visage, il s'était déjà enfui. Je ne pris pas la peine de le poursuivre, ma compagne étant agonisante.
La puissance retomba.
Tout s'enchaîna autour de moi. Explosion. Cris de détresse. Autre explosion. Effondrement. Destruction.
Je tombai à genoux à côté de mon amie. Je n'avais pas les capacités de lui administrer les premiers soins. J'étais seule, impuissante, face au désastre se déroulant devant mes yeux.

Silence. Le son d'un cor. Le retrait des troupes ennemies.
Pourquoi maintenant ?

Je tenais la belle elfe dans mes bras. Son sang se répandait le long de son bras, de sa cage thoracique.
Elle sourit.
« _Galiphène, vis...
_Marilia... Je suis désolée...
_Non, tu ne dois l'être en aucun cas. Cela doit-être le destin. Je vais devoir te laisser mainte...
_Tais-toi !
_Tu sais, avec toi, j'ai pu découvrir qui j'étais, et ce que je devais faire. Tu m'as appris à être forte et à me surpasser. Je n'étais plus seule, grâce à toi. »
Des larmes se mirent à couler sur mon visage.
« _Désolée, Galiphène. Je crois qu'il est temps pour moi de traverser la porte en direction de l'autre monde. Vis...
_La ferme !!!
_ Je sais que tu as toujours voulu protéger ce pays. Tu es douée et supérieure à tous ceux qui y vivent. Tu réussiras. Deviens la guerrière la plus puissante de ce monde. Vis... au moins pour moi...
_ Marilia !! »
Je déposai son corps sur le sol. Fermai les paupières de son visage désormais paisible. Séchai mes larmes. Me relevai. Regardai autour de moi.
Rien. Plus rien. J'étais seule au milieu de la Capitale dévastée. Des cadavres des deux camps jonchaient sur le sol.
À ce moment, je me dis que le vieil homme avait raison.
L'utopie relevait du domaine de l'impossible.
Je rengainai mon sabre. Courus jusqu'au refuge, laissant d'autres soldats s'occuper des corps gisant sur les décombres.
Arrivée là-bas, je constatai qu'une partie de la population avait été sauvée. Nos efforts n'avaient pas été si vains.
Je parcourus la salle des yeux.
Mes parents... Impossible. Ils ne pouvaient pas...
Le seigneur Inary s'approcha de moi, comprenant que ma compagne était morte au combat. Il savait que j'étais seule.
De nouveau.
Il me prit dans ses bras. Là, toutes mes émotions se mêlèrent, faisant jaillir des larmes de mes yeux et des cris de ma gorge. J'avais tout perdu. Tout. Qu'allais-je pouvoir faire ? Même mes parents dont j'avais ressentis la grande puissance avaient succombé à cette bataille. Comment était-ce possible ?
Je m'endormis quelques minutes plus tard, ayant utilisé beaucoup d'énergie lors de mon combat.
Je jurai de les venger. De la venger. Ce jeune dragon n'allait pas s'en sortir vivant.
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# Posté le dimanche 11 octobre 2009 06:36

Modifié le samedi 17 octobre 2009 12:40