Chapitre 3 : La fin d'une histoire, le début d'une autre.

Cinquième partie :

19 juillet 2045 :

Je me réveillai. Ouvris lentement mes paupières. Je me trouvai encore au sein du refuge. Des femmes et des hommes circulaient, allant et venant pour partir à la recherche de ce qui leur restait, ou plus simplement, de ressources. Des enfants pleuraient, appelant leur parent manquant. Parfois même les deux. Un nombre important de soldats blessés étendus à l'autre bout de la pièce attendait des soins.
Je ressentis une certaine forme d'antipathie. C'est alors que je m'aperçus que beaucoup de regards étaient posés sur mon corps encore fatigué.
Le seigneur Inary s'approcha de moi, s'assit à mes côtés.
« _Bonjour, Galiphène. »
Je me relevai, posai un genou à terre.
« _Cesse ce genre de cérémonie, s'il te plaît. Je ne pense pas que nous distinguer par la hiérarchie pendant une période aussi néfaste soit quelque chose de nécessaire. Nous sommes tous égaux ici.
_Parlez pour vous, seigneur, répondis-je sèchement.
_Je vois... Ne fais pas attention à eux. Ils sont tout simplement désorientés, tout comme tu l'es en ce moment. N'as-tu pas perdu des choses qui t'étaient aussi précieuses ? »
Les images de la scène se mêlèrent à mon esprit. Se mélangèrent. Marilia était morte. Sous mes yeux. Et je n'avais rien pu faire. Je n'avais plus rien. Mon c½ur se serra.
« _Cessez ces questions idiotes je vous prie.
_Tu es bien impertinente.
_Seigneur.
_Qu'y a-t-il ?
_Combien de jours ai-je dormi ?
_Seulement une journée et demi. Tu as de la chance. Une elfe normale aurait mis cinq jours à recouvrer ses capacités.
_Pour une fois que ce titre peut me servir... »
Il soupira. Cependant, je ne savais pas pourquoi, mais je sentais que je pouvais me confier à lui. À propos de mes doutes, de mes peurs. Après tout, ma race était peut-être l'unique chose que je n'avais pas perdue.
Je parcourus une nouvelle fois la pièce du regard.
« _Bien, reprit-il. J'ai une requête à te faire.
_Comment ?!
_Je sais bien que le moment est mal choisi. Cependant, tu es la seule elfe capable de la réaliser. Les autres ne sont pas en état ou doivent s'occuper des cadavres de nos compagnons. Et nos informateurs et messagers doivent continuer de guetter l'ennemi en prévision d'une possible future attaque. »
Comment pouvait-il oser ? Pourtant, il me fallait accepter. Pour le bien du pays.
« _Je vois... Quelle est-elle ?
_Tu vas devoir te rendre au Pays des fées libertines. Tu te rendras à sa Capitale, Eolionne. Nous avons besoin de soutien, autant militaire que de ravitaillement, le temps que notre population recouvre ses forces et que nous puissions rétablir notre puissance. Tu devras donc rencontrer le seigneur de ce pays, son nom est Lojace. Je sais que c'est beaucoup demander pour une jeune elfe de ton âge, au vue de la situation.
_Ce n'est rien. Si je ne le fais pas, la situation empirera, n'est-ce pas, seigneur ?
_Tu as bien compris. Voici une lettre sur laquelle est précisée l'étendue des dégâts. Tu ajouteras que Hydrotike n'est plus. La nouvelle Capitale sera instaurée au village de Hifiacre. »
Mon regard s'assombrit. Son village natal.
Le seigneur demanda à ce que l'on me prépare un nécessaire de voyage ainsi que mon katana.
Je me mis donc en route le jour même. Je n'avais encore jamais voyagé à travers le pays. Cependant, mon esprit était tourné vers une toute autre chose.
C'était de ma faute.
Je ne savais pourquoi, mais les lutins convoitaient mon titre. Si Hydrotike avait été attaquée, c'était de ma faute. Parce que j'étais l'enfant bénit. Je comprenais la ranc½ur des villageois. Si seulement j'avais pu être la seule à perdre quelque chose.
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# Posté le dimanche 11 octobre 2009 06:41

Chapitre 3 : La fin d'une histoire, le début d'une autre.

Sixième partie :

2 août 2045 :

Il m'avait fallu quatorze jours pour atteindre le Pays des fées libertines. Non pas que je n'étais pas rapide, cependant, beaucoup de sentinelles ennemies avaient été présentes sur mon chemin. Aucune n'allait rapporter des informations sur notre pays.
Une fois arrivée dans un village proche de la Capitale, un scénario bien trop connu se déroula. Les yeux de ces êtres vinrent se poser sur moi. Je le sentais. Baissai la tête.
« J'aurai dû me munir d'une cape. », pensais-je.
J'entrai dans une auberge afin de me restaurer. Il allait me falloir encore une bonne journée pour atteindre Eolionne. Mes jambes étaient fatiguées. Je n'avais pas l'habitude de marcher autant. Je détachai le fourreau de ma ceinture, passant mes biens au maître de maison. Sans doute pour une raison de sécurité.
Assise à une table et mangeant le déjeuner que l'on venait de me servir, je remarquai pour la première fois les différences marquantes entre les êtres de nos pays respectifs. Nous, peuple de l'eau, étions des êtres plutôt grands, au corps d'athlète, orné d'une peau de couleur vert d'eau, rappelant celle des lagons de la côte ouest de notre pays, aux oreilles légèrement plus longues et pointues que la normale. Quant aux fées... je ne pouvais nous comparer. Nous parlions là des créatures du dieu Elitho. Leur silhouette était fine et élancée et de grandes ailes translucides comparables à celles d'une libellule étaient présentes dans leur dos. Je me demandai même comment celles-ci pouvaient soulever leur corps, tant elles semblaient délicates. Leurs gestes paraissaient si gracieux, si légers, que l'on cru qu'une simple brise suffirait à les emporter au loin. J'étais éblouie par tant de grâce. La chose qui me surprit le plus fut leur couleur de peau. Bleue. D'une pâleur faisant penser à un ciel légèrement voilé, comme si, sous leur apparence fragile, se cachait une force et une beauté infinies.
Je recouvris mes esprits lorsqu'une autre beauté me vint à l'esprit. Marilia. Une beauté défunte.
Je devais absolument rejoindre la Capitale aussi vite que je le pouvais. Je me hâtai de terminer mon repas, payai les frais, repris mon sac, rattachai mon arme à ma ceinture puis m'empressai de partir.
Les regards se tournèrent de nouveau vers moi.
L'on me suivait.

3 août 2045 :

J'arrivai un peu plus vite que ce que j'avais prévu à la Capitale.
Je pouvais la contempler du haut d'une colline. Contrairement à notre pays, il n'y avait que très peu de forêts ici. Les espaces étaient donc dégagés.
D'après nos cours, ceci était dû à la précédente guerre.
Malgré les efforts des fées, les arbres avaient du mal à pousser sur ces terres, souillées par le sang des ennemis.
Une des seules forêts présentes en ce pays, reliait la grande Capitale à un village annexe. Je pouvais la voir, au loin grâce à ma vue surdéveloppée.
Eolionne était néanmoins moins impressionnante que ne l'avait été Hydrotike, avant il y avait désormais une quinzaine de jours. Son Centre s'imposait, au milieu des modestes maisons, comme étant le point le plus important et stratégique de la Capitale. Il n'y avait pas beaucoup de grands bâtiments, sans doute construits pour pouvoir réaliser des transactions, ou s'occuper des relations externes à la Capitale. Ou des affaires plus importantes.
Les rues étaient très animées. L'information de la destruction d'Hydrotike n'était donc pas parvenue jusqu'ici. Comme Marilia l'avait dit, les relations entre les quatre pays s'étaient dangereusement délabrées. Au point que les informations ne traversaient plus les frontières des anciens pays alliés.
Je rebroussai chemin, celui devant moi étant trop escarpé pour pouvoir être facilement traversé.
J'avais déjà détecté la présence de plusieurs fées autour de moi. Certainement des espions, ou des messagers. Deux volaient au-dessus de moi depuis un moment. Je pouvais ouïr leurs battements d'ailes. Je ne ressentais aucune hostilité. Je mis tout de même ma main droite sur le manche de mon katana, prête à le dégainer. Cependant, ils se dispersèrent. Sans doute n'avaient-ils pas encore reçu d'ordres de leur supérieur quant à mon accueil.
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# Posté le dimanche 11 octobre 2009 06:45

Chapitre 3 : La fin d'une histoire, le début d'une autre.

Septième partie :

« _Seigneur Lojace. »
La jeune fée posa un genoux à terre.
« _Relève-toi, Nigualie. Quelles sont les nouvelles ?
_Une elfe, dont la couleur de peau est bleue, a été aperçue à la frontière nord de la Capitale.
_Bleue, dis-tu ? Voilà qui est bien étrange... Connais-tu ses intentions, ou même qui est-elle ?
_Non, seigneur. Souhaitez-vous que j'aille l'interroger ?
_Non. Ramène-la-moi. Cela m'intrigue... Pourquoi ce cher Inary n'a-t-il envoyé qu'une seule personne pour me faire parvenir un message ? Fais-vite s'il te plaît.
_Bien, seigneur. Sur ce, je vais me retirer.
_Nigualie !
_Oui ?
_Fais attention à toi. »

Je n'étais plus très loin de la Capitale. Encore un ou deux kilomètres. Plus qu'un bosquet à traverser.
J'y entrai.
Je sentis une certaine tension autour de moi. Grâce à mon ouïe surdéveloppée, je déduisis qu'ils étaient une vingtaine. Des fées. Alors ils avaient enfin reçu leurs ordres.
Ils m'encerclaient depuis déjà un bon moment, dans l'ombre, veillant à ce que je ne les repère pas. Même si cela avait déjà était fait.
Ce jeu commençait à m'agacer. Ils ne se décidaient et ne se décideraient pas à sortir.
Je m'arrêtai. Je pouvais entendre chacun de leur pas, prudent, souple, inaudible pour un être normal.
Je posai ma main sur le manche de mon katana.
« _Quand allez-vous vous décider à sortir de derrière ces arbres ? »
Ils se figèrent.
Une jeune fée sortit. Elle devait avoir mon âge. Voire une peu plus jeune. Cependant, je n'avais rien à voir avec elle. Ses longs cheveux bruns déambulaient, à un rythme en parfaite harmonie avec le vent, le long de ses épaules, de son dos. Son corps était parfaitement proportionné. Je remarquai qu'elle avait un point commun avec moi. Cette lueur noire dans les yeux.
Cette haine.
« _Qui es-tu ?
_Je suis Galiphène Auriale, je viens d'Hydrotike, Capitale du Pays de l'elfe flottant. J'ai un message d'une importance capitale à remettre à votre seigneur.
_Quel est-il ?
_Ceci est confidentiel. Peux-tu me conduire à lui ?
_Tel est mon devoir. Suis-moi. »
J'entendis un objet fendre l'air derrière mon dos.
Je me retournai, créai un bouclier d'eau dans lequel une lame d'environ quinze centimètres vint se planter. Je la récupérai, la retournai à son envoyeur.

Nous arrivâmes au Centre une heure plus tard. J'entrai dans la Grande Salle, posant un genoux à terre.
Le seigneur me dévisagea. Ses yeux s'écarquillèrent. Il demanda à ce que l'on nous laisse seuls.
Je ne comprenais pas.
« _Seigneur Lojace, je suis Auriale Galiphène. Je viens aujourd'hui vous remettre un message de la plus haute importance.
_Es-tu venue seule ?
_Oui, seigneur. J'étais la seule à pouvoir voyager jusqu'ici en si peu de temps.
_Tu me parais pourtant bien jeune. Pourquoi toi ? »
Je me relevai. Pris dans mon sac le parchemin, m'avançai vers le seigneur, puis lui remis.
« _Hydrotike n'est plus. Le seigneur Inary a pris soin de déplacer les survivants à Hifiacre, où se situera la nouvelle Capitale de mon pays.
_Est-ce le signal d'une déclaration de guerre ?
_Je suis désolée, je ne peux vous répondre. Sur ce parchemin est écrit tout ce que nous savons de la situation actuelle. »
Je vis son visage se décomposer. Il pâlît tellement que je crus qu'il allait en mourir.
« _Que se passe-t-il ? Vous ne vous sentez pas bien, seigneur ?
_Non, rien de cela. Cependant, j'ai quelques doutes quant à la raison de l'attaque.
_Je vois. Pourriez-vous me les faire parvenir aussi vite que possible sur un document manuscrit ? J'ai besoin de retourner aussi rapidement que possible en mon pays.
_Tu es bien directrice, jeune elfe... »
Sa remarque me surpris. J'avais honte de mon comportement. Il était un des grands seigneurs des quatre pays. Je rougis.
« _Ce n'est rien. Je ferai ce qu'il faut. Je suppose que tu aimerais repartir dès ce soir ?
_Si cela est possible.
_C'est drôle, tu me rappelles quelqu'un, une jeune fille du village, dont la haine est semblable à la tienne.
_Vraiment ?
_Elle se nomme Nigualie et elle a perdu ses parents alors qu'elle n'était encore qu'une très jeune fée.
_Je pense l'avoir rencontrée.
_C'est en effet la personne qui t'as conduite jusqu'ici. »
La capacité des fées à lire dans le c½ur des autres m'impressionnait.
« _À l'époque où ses parents ont été tués, nos deux pays éprouvaient alors un ressentiment réciproque pour diverses causes, tel que le partage de nos ressources ou de nos informations. Deux de nos informateurs, nos deux meilleurs espions, avaient réussi à dérober de précieuses informations de ton pays. Cependant, ils se sont faits repérés et ont été tués. Par qui, nous ne le savions pas encore. Par la suite, la communauté a fait tout son possible pour pouvoir soutenir la petite. Je l'ai ensuite prise sous mon aile, ressentant toute la rage présente en son c½ur. Elle ne découvrit que plus tard, s'étant introduite dans la bibliothèque des archives qui avaient été les auteurs de sa tragédie.
_Quelle tristesse. N'avez-vous pas attrapé les assassins ?
_Non. Ils venaient en réalité de ton pays. Cela ne fit qu'aggraver nos tensions. Il s'agissait d'un couple d'assassin à la puissance extrême, arborant un signe étrange sur leur omoplate gauche. Nous avons ensuite découvert qu'il s'agissait d'une sorte de promesse envers votre déesse, Hyornée. Même si je n'y crois pas tellement.
_Pourquoi cela ?
_J'ai mes raisons. J'en ai trop dit. Tu peux maintenant te retirer. »

Je m'exécutai, sortis du Centre. Tout se chamboulait dans ma tête. Mes parents l'avaient-ils vraiment fait ? Pour quelle raison ?
La haine. Elle se dirigeait vers moi.
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# Posté le dimanche 11 octobre 2009 06:52

Chapitre 3 : La fin d'une histoire, le début d'une autre.

Huitième partie :

« _ASSASSIN!!!!!!!! »
Nigualie. La vengeance. Tel était son but. Je la comprenais.
Son attaque était grotesque. Elle courait, pointant une dague sur ma poitrine. Je me baissai au dernier moment. Donnai un léger coup dessous son poignet, le propulsant en l'air grâce à son élan. Cela la déséquilibra, l'empêchant de réagir à cause de son manque d'appuis. Je fis glisser mon corps derrière elle. Saisis mon katana, lui présentant derrière son dos.
« _Que me veux-tu, fée ? »
Comprenant que je n'allais pas la blesser, elle s'avança, se retourna.
« _Tu... Tes... Irna et Julick ! Où sont-ils ? Réponds !
_Comment oses-tu ?
_Sais-tu au moins ce que je ressens ?
_Qu'en est-il de moi ? Tu devrais pourtant le savoir, non ? Mais si tu tiens tant à les rejoindre, je peux t'y aider tout de suite.
_Dis-le moi ! »
Quelle naïveté... Je me déplaçai rapidement. Présentant ma lame sous sa gorge.
« _Désolée, mais je ne le peux. Le moment n'est pas opportun pour détériorer les relations qu'entretiennent nos pays respectifs, comprends-tu ? »
Dans ses yeux brillaient désormais la lueur de la peur. Cependant, elle réussit à me sortir un faible « O-Oui... ». Je relâchai ma garde.
Cette scène avait, malheureusement, attiré l'attention des gens aux alentours. Des murmures défilèrent alors d'oreilles en oreilles. « Que se passe-t-il ? ». « As-tu vu sa couleur de peau ? C'est pourtant bien une elfe, non ? ». « Est-elle malade ? ». Et bien d'autres remarques déplaisantes. Ils avaient dû ressentir mon amertume, car, tout à coup, les rumeurs cessèrent. À mon tour, je pouvais sentir les doutes encombrant leur c½ur.
C'est alors que j'aperçus à ma gauche un magasin qui allait m'être bien utile.
J'y entrai. Vis l'article dont j'avais besoin. L'achetai. Maintenant que j'avais cette cape sur le dos, peut-être allais-je paraître plus invisible au sein des êtres d'Elitho.
« _C'est Galiphène, c'est ça ? »
Je reconnus la voix de la jeune fée.
« _Je suis Nigualie Plojiale. N'oublie pas ce nom. »
Je me retournai.
« _Pour quelle raison ? Je n'ai pas besoin qu'une personne telle que toi vienne me déranger lors de mes missions.
_Ne me parle pas sur ce ton. Je serai celle qui mettra fin à tes jours, fille du couple Auriale. »
Je n'avais que faire de ses paroles. Je lui tournai le dos. Repris la route en direction d'Hifiacre.

La nuit commençait à tomber. Je m'arrêtai dans le village dans lequel j'étais passée à l'aller. Trouvai une auberge, demandai une chambre.
Je posai mes biens sur une petite table. M'assis sur le lit.
Tout se mélangeait dans ma tête. Les attaques que j'avais personnellement subies. L'attaque d'Hydrotike. La montée de puissance que j'avais ressentie. La mort de Marilia. Celle de mes parents. Parents qui, apparemment, m'avaient caché bien des choses que je ne voulais même pas connaître.
J'avais réellement l'impression que le destin s'acharnait sur moi. Etait-ce cela qu'être l'enfant bénit de Hyornée ? Supporter les blessures des autres ? La haine des autres ?
Et quelle était la signification de cette marque sur mon omoplate gauche ? Je ne comprenais rien. Et je sentais que l'on me cachait bien des choses. Bien plus que l'on ne voulait me le faire croire. Cela me pesait, mais je pensai qu'il y avait une bonne raison. Certainement.

[c'est tout pour cette semaine]
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# Posté le dimanche 11 octobre 2009 06:56

Chapitre 4 : Vérité, contrôle, nouvel objectif.

Première partie :

14 mars 2047 :

Dix-huit ans. Deux ans se sont passés et beaucoup de choses se sont déroulées.
J'avais d'abord pris le temps de visiter la cité d'Hifiacre qui était aussi belle que me l'avait décrite ma si chère amie. J'avais ensuite pris le temps de la regarder se développer, grandir, jusqu'à ce que notre pays recouvre sa puissance d'antan. Cela avait été long et rude, mais elle était rétablie.
Le seigneur m'avait prise sous son aile afin que je puisse progresser et découvrir un peu plus chaque jour la puissance qui était renfermée en moi.
Il s'approchait de moi.
« _Bon anniversaire, Galiphène, me dit-il.
_Je vous remercie.
_C'est la moindre des choses après t'avoir caché le secret qui a scellé l'alliance entre le pays de l'air et le nôtre. Mais je ne suis pas uniquement venu te présenter mes v½ux. »
Il fit une courte pause, comme s'il se préparer à prononcer un grand discours.
« _Je pense que tu es désormais assez forte pour connaître la vérité qui t'entoure. »
C'était donc pour cela. C'était parce que j'avais été faible. Parce que je n'aurais pas pu le supporter.
Après dix-huit ans à vivre dans le secret, j'allais enfin savoir qui j'étais.
« _Commençons par tes parents.
_Epargnez-moi les longs discours, je vous prie. Allez droit au but.
_Mais il était dans mon intention de faire ainsi. Passons. Irna et Julick étaient des légendes vivantes, un des couples les plus respectés d'Hydrotike, voire du pays, de part leur puissance et leur générosité.
_Je n'ai pourtant rien remarqué de tel. Nous avons toujours vécu dans la discrétion.
_Peut-être bien, mais ils rendaient de grands services au pays. Cesse de m'interrompre je te prie.
_Excusez-moi.
_Bien. Il s'avère que leur puissance n'était pas uniquement due à un entraînement intensif, ni à un grand flot d'énergie. Elle ressortait d'une promesse faite à notre déesse, Hyornée. Une sorte de pacte, si tu préfères. Voici ce qu'il disait : en échange de la naissance d'un enfant qui serait capable d'ouvrir la porte reliant le monde des dieux au nôtre, ils hériteraient d'un grand pouvoir. Ainsi, les dieux pourraient reprendre leur place d'antan.
_Pourquoi Hyornée aurait-elle demandé une chose pareille ?
_Nous ne le savons pas. Mais là n'est pas le problème. »
Pour moi, il était clair qu'il était bien là.
« _C'est une des causes pour laquelle notre pays forgea une alliance avec celui des fées. Car cette promesse aurait dû rester dans l'enceinte de la Capitale. Ou plus précisément, de la salle du Conseil du Centre. Mais un couple d'espion du Pays des fées libertines découvrit ce tabou et le rapporta à Lojace, qui demanda confirmation des faits. C'est alors que tes parents tuèrent ce couple, laissant une orpheline derrière eux.
_Je l'ai rencontrée.
_Je vois. Par la suite, Lojace découvrit la véritable raison de cet assassinat. Et, pour ne pas que ces paroles soient divulguées à tout va, nous décidâmes de forger cette alliance.
_Je comprends. Cela n'a rien de si terrible.
_N'as-tu pas conscience de ce qui pourrait arriver si les dieux venaient à revivre parmi nous ? Je vais donc te montrer. »
Un tourbillon d'eau nous entoura, comme à l'usage des téléportations.
Nous nous retrouvâmes au beau milieu d'un théâtre de guerre.
« _Nous sommes en 1867. Regarde bien autour de toi.
_Ca empeste la fumée...J'ai du mal à respirer... »
Mon c½ur bondit dans ma poitrine.
« _Je ressens de la haine. Une haine si grande... Ainsi qu'une tristesse inégalable.
_Te voici spectatrice des sentiments des dieux ainsi que de nos ancêtres qui tenaient à les servir à n'importe quel prix. Si jamais la porte venait à s'ouvrir, nous retournerions vers un tel monde. »
L'air se faisait de plus en plus suffocant.
« _Retournons à notre époque, tu en as assez vu. »
Nouveau tourbillon.
« _Il y a encore une question à laquelle je n'ai trouvé de réponse.
_Je t'écoute.
_J'ai cette capacité de ressentir les émotions des autres, qualité normalement réservée aux fées. Et ma vue est si développée. Pourquoi ai-je ce genre de pouvoir ?
_J'allais y venir. En tant qu'enfante d'Hyornée, tu as aussi reçu ses pouvoirs. Ainsi, tu as les capacités respectives de chaque peuple. Tu as toute l'intelligence et l'habileté dont font preuve les dragons, tu as toute la force physique et l'entêtement des nains, tu as la douceur et la capacité de ressentir les émotions des fées et enfin, tu as la sagesse et la combativité des elfes. Cependant, il te reste beaucoup à découvrir, tes pouvoirs ne se sont pas encore totalement développés.
_Toute cette puissance... En moi...
_Et bien plus que tu ne peux l'imaginer. »
Je fis une pause. Retourner tout ce qui venait de m'être dit dans ma tête.
« _Seigneur. Cela fait maintenant un moment que j'y réfléchis. Je n'ai plus rien qui me retienne ici. Ni amis, ni famille. Je pense donc partir pour le Pays des fées libertines. Pour y vivre. Je ne sais pas si je trouverai les réponses que je cherche. Cependant, je pense que cela me sera bénéfique. De plus, cela pourrait contribuer à l'amélioration de nos liens avec ce pays.
_Je me dois de respecter ton choix, surtout si cela te tiens à c½ur. J'espère que tu trouveras ce que tu cherches. Quand comptes-tu partir ?
_Dès demain. Je sais que c'est un peu précipité. Cependant, je n'aimerais pas trop m'attarder sur ce genre de décisions.
_Je vois, je vois. Bon courage à toi, mon enfant. »
Enfin j'allais pouvoir me détacher complètement des liens qui m'unissaient à ce pays. Du moins, c'est ce que j'espérais.
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# Posté le samedi 17 octobre 2009 12:38