Chapitre 4 : Vérité, contrôle, nouvel objectif.

Deuxième partie :

15 mars 2047 :

J'attachai mon katana à ma ceinture. Passai mon sac bandoulière en tissus, contenants des armes légères et de jets, quelques vêtements, de quoi manger et une trousse de premiers soins, par-dessus l'épaule.
Je sortis de mon domicile. En fermai la porte. Je ne savais pas quand est-ce que j'allais y revenir. Peut-être dans mes vieux jours.

Je me retournai une dernière fois vers la Capitale lorsque j'en atteins la sortie, un cheval à mes côtés, prêté par le seigneur Inary. Je n'avais même pas pris la peine d'aller le saluer, lui qui avait pris soin de moi et m'avait entraînée au combat pendant ces deux années.
J'allais enfin pouvoir laisser mon passé derrière moi, commençant une nouvelle vie. C'est tout ce qui comptait.
Je m'engageai vers Eolionne. Montai sur la selle du cheval.

De ce fait, il ne me fallu qu'une journée pour atteindre la frontière du Pays des fées libertines. L'équidé était plutôt rapide et endurant.
Le seigneur n'avait pas lésiné sur la qualité de la monture.
J'en descendis quelques kilomètres plus loin, scrutant les alentours, à la recherche d'une auberge ou d'un endroit abrité où passer la nuit.
J'arriverai à Eolionne le lendemain.

Qu'allais-je devenir ? Mon titre serait-il toujours un fardeau ? Quelle en était la signification ? Je ne comprenais toujours pas pourquoi mes parents avaient été choisis par Hyornée.
Je n'eus pas vraiment le temps de chercher des réponses à ces éternelles questions.
Une fée surgit devant mes yeux. Du sang coulant le long de sa poitrine, de son bras et de sa jambe gauche. Le sien. Je me demandai comment elle pouvait encore courir malgré ses plaies.
La présence d'autres êtres me sortit de mes pensées. Je pouvais entendre leurs pieds frappant lourdement le sol. Ils seraient là d'ici deux minutes. Elle devait être véloce pour avoir pris une telle avance sur eux, car, au rythme de leur course, je pouvais en déduire qu'ils étaient plutôt rapide, et elle était blessée.
J'allais voir la jeune fée, me renseignant davantage sur son état de santé. C'est alors qu'un autre détail me frappa. Ses ailes. Elles n'étaient pas translucides, mais colorées d'un rouge écarlate. Rouge sang.
« _Aide-moi au lieu de contempler mes ailes, jeune elfe. Aide-moi à me relever.
_Pourquoi ferais-je une telle chose ? Je ne sais ni qui tu es, ni pour quelle raison ils t'ont mise dans cet état.
_Si je te le disais, tu fuirais. »
Les êtres se rapprochaient. À leur cadence, il s'agissait de dragons.
« _Cette odeur... commençais-je»
Je masquai mes narines avec mon bras.
« _De la chair brûlée !
_Ils ont attaqué mon village et ont tout détruit. Je me suis lancée à leur poursuite, aveuglément. Je n'ai même pas pris la peine de compter l'ennemi.
_Je vois... »
« Combien de villages comptent-ils encore détruire ? », pensais-je.
« _ Mon village a aussi été attaqué il y a deux ans. Je me suis promise de tuer les responsables de mes mains. Peu importe les conséquences, où qui ils sont.
_Que comptes-tu faire ? Nous ne sommes que deux. Une jeune elfe à la peau étrange et une fée presque à l'agonie.
_Si je ne me trompe, ils sont quatorze, c'est cela ?
_Comment peux-tu... ?
_Si je te le disais, tu fuirais. Laisse-moi m'en charger. »
J'invoquai la force qui m'habitait. Me laisser envahir. Je n'arrivais pas à atteindre le niveau de puissance que j'avais ressenti lors de l'attaque d'Hydrotike. Mais cela suffirait. Je formai un arc d'eau ainsi que des flèches. Les dragons arrivaient.
J'en tirai huit à la suite. Toutes atteignirent leur cible. Huit dragons tombèrent.
La situation s'empirait. La force véritable des dragons ne résidait pas dans leur maîtrise du feu ou dans leur intelligence. Non. Il avait la capacité de se transformer en des êtres, pour ne pas dire des monstres, d'environ cinq mètres de haut. Certains débutèrent le processus de transformation.
J'essayais tant bien que mal de pénétrer les sphères de protection qu'ils avaient bâtît autour d'eux, mais elles étaient impénétrables. Je remarquai que mon cheval s'était déjà enfui. Lui, au moins, n'était pas fou.
« _Fuyons ! Me dit la fée.
_Hors de question !
_Comment comptes-tu les vaincre ?
_Je vais avoir besoin de ton aide ! Nous sommes encerclées de toute façon.
_Je suppose que je n'ai pas le choix.
_Ne t'inquiète pas, je ne te gênerai pas !
_Tu as intérêt, jeune elfe. Donne-moi juste un peu de temps.
_Comment ?!
_Tu veux t'en sortir ? »
Elle se concentra. S'éleva légèrement dans les airs. Prononça une incantation à voix basse. Je la connaissais.
Un processus de régénération.
Le seigneur Inary m'avait pourtant dit que j'étais la seule capable d'en réaliser un. Je comprenais de moins en moins ce qu'il se passait.
Un halo de lumière l'enveloppa. Cependant, je n'eus pas le temps de contempler avec quelle grâce elle allait se soigner. Deux des six bêtes me fonçaient dessus, sûrement pour donner aux autres le temps de récupérer. Je jetai mon sac à terre, dégainai mon katana à temps. Je réussis à arrêter l'énorme patte de l'un d'entre eux. Prononcer une incantation, invoquant des cordes d'eau, immobilisant la bête. Je pointai mon sabre en direction de l'autre assaillant, non transformé, lui transperçant le c½ur.
Je me retournai vers le premier. Remarquai alors que mes yeux étaient différents de d'habitude. Mes pupilles dilatées, mes iris rouge sang. Le symbole sur mon omoplate me fit souffrir, me brûla. Des visions m'assaillirent. Mon contrôle de l'eau s'affaiblissait nettement. Les cordes commençaient à s'écouler le long des pattes de la bête.
La fée prit le relai, le tuant d'un coup d'épée. Je m'évanouis.
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# Posté le samedi 24 octobre 2009 04:55

Chapitre 4 : Vérité, contrôle, nouvel objectif.

Troisième partie :

17 mars 2047 :

« _Enfin réveillée ? »
Réveillée ? Que s'était-il passé ?
Je m'en souvins. Je m'étais évanouie.
Ma tête me faisait souffrir à tel point que je ne pouvais me relever. Je levai tout de même les yeux. Je la reconnue. Assise sur une chaise, en face d'une table, la fée aux ailes rouges...
Je m'aperçus que je ne portais pas mes vêtements et que la lumière entrant dans la pièce était relativement faible.
« _Où est-ce que je suis ?
_En sécurité. Tu es chez moi. Mais ne te fais pas d'illusions. Tu devras t'en aller dès que tu seras rétablie.
_J'en avais l'intention.
_Bien. Prends donc le temps qu'il te faut pour reprendre des forces. Tu m'as sauvé la vie, il est normal que je t'accueille. Ainsi, ma dette est payée. »
Nouvelle migraine. Nouvelles visions. Les mêmes que lors de l'affrontement. Elles étaient encore floues, je n'arrivais pas à les comprendre... J'entendis la fée se lever, venir vers moi. Puis, plus rien.

Je me réveillai quelques heures plus tard.
« _Tu dors beaucoup !
_Je récupère plus rapidement en temps normal. Désolée pour le dérangement. »
Elle me sourit. Je réussis à me lever. J'allai m'asseoir en face d'elle, remarquant des documents jonchant la table. Les miens.
« _Nos chemins seront peut-être amenés à se croiser de nouveau si tu viens t'installer dans notre pays. Je suis Syllophène. »
Syllophène... Un nom si doux à l'oreille. Il lui correspondait parfaitement. Elle était belle. De longs cheveux bruns, luisants. Une silhouette fine, élancée, paraissant fragile, mais qui devait être redoutable, puisqu'elle avait réussi à nous sortir des griffes des dragons. Peut-être un peu plus âgée que moi. La paix venait se refléter en elle. Elle était bien digne d'être une fée.
Un sentiment de prudence et de sécurité m'envahit. Comme si je l'avais déjà rencontrée auparavant, ce qui pourtant n'était pas le cas.
Je remarquai que ses ailes avaient repris leur couleur originelle, à savoir translucides. Etrange. Cependant, je n'avais qu'elle pour m'héberger pendant mon rétablissement, ne pouvant réaliser une régénération à cause de ma faiblesse physique. J'allais donc devoir m'accommoder de sa présence.
« _Je suis Galiphène. Je viens d'Hydrotike. Ou du moins, ce qu'il en reste.
_Tu es donc d'Hifiacre. Il est vrai que tu m'as parlé d'un massacre lors de notre rencontre. Que s'est-il passé ?
_Je ne tiens pas à t'en parler.
_Je vois. J'aurais réagi de la même manière.
_Dans quel village sommes-nous ?
_Dans ce qu'il reste de Turblion. Mon village natal. C'est à l'ouest d'Eolionne. Tout à été détruit. Il ne reste que très peu de survivants. »
Des larmes me montèrent aux yeux. Les images de la destruction d'Hydrotike d'il y a deux ans repassèrent devant mes yeux. Une pointe apparue au niveau de mon estomac. Ma gorge se serra. Je ne pouvais pas pardonner aux dragons. Ce jour...j'avais tout perdu.
« _Ca ne va pas ?
_Laisse. Mon corps est reposé. Je vais pouvoir reprendre la route.
_Très bien. Va. Comme je te l'ai dit, ma dette est payée. »
Je ramassai mes affaires. Rattachai mon katana à ma ceinture.
Partis.
Je ne savais pas ce qu'il était advenu du cheval. Cela m'importait peu d'ailleurs.

Je pénétrai dans la forêt reliant Turblion à Eolionne. Ressentis la présence de trois personnes aux intentions plutôt inquiétantes à mon égard. La Capitale n'était pas loin et le soleil commençait à se coucher.
Le moment parfait pour me tendre une embuscade.
Pourquoi une nouvelle attaque ? J'étais désormais certaine d'une chose.
L'on me cachait bien des faits.
Je m'accroupis, la main droite sur le manche de mon sabre, prête à le dégainer, l'autre sur le fourreau.
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# Posté le samedi 24 octobre 2009 05:01

Chapitre 4 : Vérité, contrôle, nouvel objectif.

Quatrième partie :

Ils chargèrent. Trois dragons. Encore. Cela n'en finirait donc jamais... Pourquoi voulaient-ils me tuer à tout prix ? Pourquoi s'en étaient-ils pris à Syllophène ? Pourquoi avaient-ils tué Marilia ?
Je dégainai mon katana, contrant la lame d'un premier assaillant, plutôt âgé. Invoquai une sphère d'eau qui nous enveloppa, repoussant ainsi l'attaque des deux autres, plus jeunes. Au bout de quelques secondes, le dragon tomba, laissant l'eau, élément qui leur était fatal, envahir ses poumons. Je fis ensuite de cette sphère d'eau des aiguilles, que je lançai aux deux autres. L'un d'eux prit l'attaque de plein fouet. J'avais pris soin d'éviter ses points vitaux.
Le plus jeune l'avait habilement esquivée, continuant sa course. Il fit jaillir ses ailes de son dos.
Une transformation partielle. Il était doué.
En plein vol, il forma des aiguilles de feu, me les lança. J'invoquai un mur d'eau, éteignant les projectiles, créant un nuage de brume. Un mouvement à droite. Mon ouïe était excellente. Il ne pourrait pas la tromper. J'entendis un mouvement de lame dans l'air. Je la contrai avec la mienne. Un poignard.
Il fallait que je le prenne de court. Je le repoussai. Me déplaçai sur sa gauche, lui donnant un coup de coude dans les côtes. Il ne fallait pas que je le tue. Cela apporterait des ennuis au pays sinon. Et mon but n'était pas là, bien au contraire. Il se plia, je lui donnai un coup derrière la tête avec le manche de mon sabre. Il tomba.
Quand ces attaque incessantes allaient-elles se terminer ?
Je rengainai. Tournai le dos aux soldats dragons, reprenant le chemin d'Eolionne.
J'entendis un bruit métallique, celui d'une armure. Le plus jeune. Décidément, il était coriace. Cependant, il n'était pas en état de m'attaquer. Je n'y fis pas attention, jusqu'à ce qu'il prenne la parole.
« _Toujours aussi belle, Galiphène. »
Comment connaissait-il mon nom ?! Je me jetai sur lui, le mis sur le dos, me positionnai au dessus de lui, lui présentant une dague sous sa gorge.
« _Comment oses-tu offenser ton ennemi alors que tu es dans une position défavorable ?!
_Ta forces est bien l'égale de ta beauté... »
Surprise, je me redressai. Ma main tremblait. Un dragon en profita pour me sauter dessus. Cependant, j'eus le reflexe de lui envoyer la dague que j'avais en main dans son torse, après m'être décalée. Il s'écroula sur celui qui avait eu l'imbécilité de souligner mes traits.
Alors que le sang s'écoulait du corps immobile de mon assaillant, le dragon le poussa sur le côté afin de s'en dégager, indifférent à la mort de son compagnon. Il s'adressa de nouveau à moi.
« _Ne te souviens-tu pas de moi ? Peut-être n'as-tu pas eu le temps de me voir. Je vais te rafraîchir la mémoire. »
Il retira d'abord le plastron recouvrant le haut de son torse. Puis sa veste. Puis sa chemise dont le col V était lacé.
Il me désigna une cicatrice. Sur son épaule gauche. Il ne me fallu que quelques secondes pour la reconnaître. J'en étais certaine. C'était celle que j'avais infligée au dragon grâce à une de mes flèches lors de l'attaque d'Hydrotike. Il était celui qui avait tué Marilia.
J'en étais certaine.
J'entrai dans une colère noire. Ce fou avait osé se présenter ainsi devant moi.
Je sentais l'énergie envahir mon corps, comme elle l'avait fait lors de ce fameux jour...
Une armure d'eau vint se poser sur mon corps. Katana en main, je me préparais à lui foncer dessus. Il n'allait pas en réchapper.
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# Posté le samedi 24 octobre 2009 05:07

Chapitre 4 : Vérité, contrôle, nouvel objectif.

Cinquième partie :

Je lançai l'attaque. Il évitait mes coups avec une facilité déconcertante. Il semblait pourtant avoir mon âge. Ou peut-être un peu plus jeune.
Etait-il si puissant ?
Je compris que les attaques au corps à corps étaient vaines.
Je reculai. Prononçai quelques mots à voix basse. Une brume épaisse apparue. Je devais maintenant attaquer rapidement. Je trouvai son corps grâce à mon ouïe. Cependant, je fus surprise lorsqu'il évita mon attaque. Même les elfes de l'armée impériale avaient du mal à m'éviter lorsque j'usais de cette stratégie. Comment pouvait-il le faire si facilement ?
La température grimpa tout à coup. C'était lui. En quelques secondes, la brume s'évapora. Il profita de ma déconcentration pour créer un arc de feu. Il lança une flèche qui m'atteignit à l'épaule. Je partis me cacher derrière un arbre. La flèche disparue. Le feu avait en parti brûlé ma peau, sans pour autant la transpercer. Heureusement que mon armure d'eau avait été là.
Comment était-ce possible ? J'étais à priori la seule à pouvoir invoquer un tel arc...
« _Comment peux-tu prétendre au titre d'enfant bénit de Hyornée alors que tu n'en connais pas les principes fondamentaux ?
_Il y a donc un enfant bénit par pays, c'est bien ça ?
_Tu comprends vite au moins. Je suis l'enfant bénit de Polythée, déesse du feu. Tu sais qu'il est inutile de te cacher. J'ai, comme toi, hérité des sens de chaque peuple. »
Je sortis de derrière mon arbre, la main à l'épaule. Je restais tout de même sur mes gardes.
« _Notre rencontre est un pur hasard, en réalité. Je n'aurais jamais imaginé rencontrer l'enfant bénit de Hyornée en ces terres. En réalité, je suis à la recherche de l'enfant bénit d'Elitho. Elle se nomme Syllophène Fythales. L'as-tu rencontrée ?
_Quel impertinent. Comment oses-tu me demander une telle chose alors que tu as fait parti de ceux qui ont détruit la Capitale ?
_Je connais et comprends ta douleur. Mon village a aussi été détruit il y a longtemps, alors que je n'avais que cinq ans.
_Comptes-tu m'attendrir avec ton histoire ? Ne me fais pas rire. Si la destruction de ton village t'a tant attristé, pourquoi avoir détruit le mien ?
_Bourrage de crâne. C'est ce que j'ai subi pendant des années. Je suis né un an après toi, cher Galiphène, dans un village nommé Katoni, éloigné de la Capitale. Puisqu'il s'agissait de l'année du feu, j'ai subi une quantité effroyable de tests. Et les dirigeants en ont déduit que j'étais l'enfant bénit de Polythée. Cependant, le fait que je ne sois pas venu au monde à Pyrièse déchaîna la colère des dirigeants du pays. Ainsi, ils ont d'abord demandé à ce que je vienne y vivre. Le chef du village refusa. Ils ont donc envoyé l'élite de l'armée impériale qui a rasé mon village. Détruisant tout.
_Tu as pourtant rejoint l'armée, dis-je en observant son armure.
_Tu es bien sourde pour une elfe.
_La ferme !
_Bien, bien. Comme je te l'ai dit, bourrage de crâne. Pendant douze ans. Cela a de quoi changer les mentalités, car, si l'on dit du Pays des lutins belliqueux qu'il est violent, l'on omet souvent de préciser le Pays des dragons terrestres, qui excelle dans le genre.
_Au final, que cela a-t-il à voir avec moi ?
_Pendant ces deux dernières années, après t'avoir vu lancer ces flèches, j'ai changé.
_Belles paroles ! »
Je dégainai mon katana. Lui fonçai dessus. Il dégaina une sorte de poignard d'une lame d'une vingtaine de centimètres. Lui aussi avait connu une enfance difficile. Cependant, il avait commis une erreur. Il avait tué Marilia. Je ne pouvais lui pardonner.
Mes pupilles étaient devenues opaques, je pouvais le voir dans ma lame.
J'abaissai ma lame sur son épaule droite, les yeux emplis de larmes. Il arrêta mon attaque grâce à son poignard. Nous fûmes propulsés à sept mètres l'un de l'autre, à cause de l'onde de choc créée par l'affrontement de nos énergies.
Nous matérialisâmes nos arcs respectifs.
« _À cette distance, je ne te manquerai pas, dragon !
_Sache que c'est réciproque ! »
Je lâchai la corde. Il fit de même.
Cependant, avant que les flèches n'atteignent leur cible, elles furent déviées de leur trajectoire, se plantant dans un arbre, disparaissant dans la seconde qui suivit.
L'élément de l'air... Cette puissance m'était familière.
Syllophène... Elle était posée sur une branche d'arbre. Ses ailes étaient aussi écarlates que lors de notre première rencontre.
« _Que fais-tu ici ? C'est mon combat !
_Tu es Kyomé, c'est bien ça ? dit-elle, m'ignorant.
_Ravie de faire ta connaissance. Etant donné la couleur de tes ailes, je suppose que tu dois être Syllophène, l'enfant bénit d'Elitho.
_C'est exact. Cependant, tu es dans une position bien défavorable pour te jouer de nous. Félicitation, tu as bien résisté à Galiphène. Cependant, tu ne me résisteras pas longtemps. »
Elle descendit, se posa près de moi. Elle forma des cordes d'air, en augmentant sa pression. Prononça une incantation qui m'était inconnue. Mon épaule gauche me fit souffrir. Ma marque de la promesse... Je remarquai qu'il en était de même pour le dragon qui, lui, se tenait la cuisse gauche. Puis, plus rien.

[fin du chap' 4 la semaine prochiane ^^]
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# Posté le samedi 24 octobre 2009 05:14

Chapitre 4 : Vérité, contrôle, nouvel objectif.

Sixième partie :

18 mars 2048 :

« _Enfin réveillée ? »
J'ouvris les yeux. Reconnus la voix mélodieuse de Syllophène ainsi que sa modeste demeure. Je me dis que cette phrase commençait à revenir un peu trop souvent.
Je m'assis. Un vertige me prit. Vis le dragon allongé à côté de moi, encore immobilisé par les cordes d'air. Syllophène avait pris soin de retirer son armure. Ainsi, je découvrais sa carrure plutôt impressionnante pour un dragon de son âge.
« _Ne t'inquiète pas. Il va bien.
_C'est bien le cadet de mes soucis.
_J'ai entendu son histoire. Elle est triste... Nous avons à peu près tous vécu la même chose après tout.
_Cela ne le pardonne en rien.
_Je ne prends aucun parti.
_Alors pourquoi nous avoir arrêtés ?
_Car je ne voulais pas devenir l'unique enfant bénit des dieux.
_Que fais-tu de celui du dieu Tujira ?
_C'est une histoire un peu compliquée. C'est encore assez flou. Ils ont, apparemment, été effrayés de la puissance d'un tel être. Ils l'ont tué dès qu'ils ont su qui il était.
_Quelle bêtise.
_Nous parlons là des lutins belliqueux. Puis, quelques années après cela, ils se sont aperçus qu'il aurait été préférable de le garder dans leur rang. Ils ont donc attaqué ton pays. Leur but étant de te récupérer.
_Je vois... »
Un bruit de vêtements se frottant contre le sol se fit entendre. Le dragon se réveillait.
« _Qu'est-ce que...Cet endroit... »
Comme pour moi, il semblait être frappé d'une migraine atroce.
« _Où suis-je ? Pourquoi suis-je encore attaché ? Auriez-vous peur de moi ?
_Simple question de sécurité, répondit Syllophène. Et j'ai besoin d'obtenir des renseignements. »
Je me levai, vins m'asseoir à côté de la fée.
« _Que veux-tu tirer de ce dragon ? »
Elle ignora ma question.
« _Je suppose que tu sais que Turblion a été détruite. Je veux savoir par qui et dans quel but.
_Ah, ce n'est donc que ça. Il s'agissait de la troupe d'assaut de Pyrièse, commandée par Déliore.
_Autre chose. Je n'ai pas ressenti ta puissance lors de l'attaque. Tu ne faisais donc pas parti de ce plan, je me trompe ?
_Non.
_Alors pourquoi es-tu sur ces terres ? »
Le dragon expira, comme lassé de cet interrogatoire. Il releva la tête, s'assit malgré les liens qui serraient son buste, ses poignets, ses genoux et ses chevilles. Syllophène n'avait pas fait dans la demi-mesure.
« _Réponds ! Dis-je.
_Bien, bien. »
Son regard s'assombrit, devenant plus sérieux.
« _Je suis venu demander l'exil. »
Je me levai, renversant la chaise.
« _Ne te fiche pas de nous ! L'exil dis-tu ? Dois-je te rappeler que ta nation et la nôtre sont ennemies ?
_ « Nôtre », dis-tu ? Tu n'es pas de ce pays, si je ne m'abuse.
_Cela ne te regarde pas !
_Galiphène, ça suffit ! »
Je leur tournai le dos, partis.

Je fus obligée de revenir deux heures plus tard car je n'avais nulle endroit où dormir ni nulle part où aller sachant que mon sac de voyage et mon armement se trouvait chez la fée.
Je perçus les voix de Syllophène et de Kyomé. Tentant de cacher ma présence afin que l'enfant bénit d'Elitho ne me surprenne pas, je restai derrière la porte, espionnant leur conversation.
« _Kyomé, tu n'es pas idiot. Tu connais la légende aussi bien que moi.
_Bien sûr. Elle est celle qui ouvrira la porte reliant notre monde à celui des Dieux. Celle qui deviendra la clef de la destruction et qui ne pourra sauver notre monde qu'au prix de sa vie.
_La dernière partie reste à vérifier. Néanmoins, Est-ce la raison pour laquelle tu es venu demander l'exil ?
_Bien vu. Tu m'as l'air bien plus puissante que ce que ton corps ne laisse le penser. Et tes connaissances en ce qui concerne les enfants bénits dépassent les miennes de loin. Tu connais même l'incantation pouvant bloquer nos énergies. Tu es bien étrange.
_Laisse tes suspicions de côté. Je parlerai au seigneur Lojace pour ce qui est de ton exil, je travaille pour le pays.
_Ton nom... Fythales... Je l'ai déjà entendu quelque part. Tu es... »
Je ne sais pourquoi j'eus l'idée saugrenue d'entrer à ce moment précis. Cependant, ils en savaient bien plus que moi sur moi.
« _Il me semble que c'est à mon tour de vous poser quelques questions. »
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# Posté le dimanche 08 novembre 2009 06:29