Deuxième partie :
15 mars 2047 :
J'attachai mon katana à ma ceinture. Passai mon sac bandoulière en tissus, contenants des armes légères et de jets, quelques vêtements, de quoi manger et une trousse de premiers soins, par-dessus l'épaule.
Je sortis de mon domicile. En fermai la porte. Je ne savais pas quand est-ce que j'allais y revenir. Peut-être dans mes vieux jours.
Je me retournai une dernière fois vers la Capitale lorsque j'en atteins la sortie, un cheval à mes côtés, prêté par le seigneur Inary. Je n'avais même pas pris la peine d'aller le saluer, lui qui avait pris soin de moi et m'avait entraînée au combat pendant ces deux années.
J'allais enfin pouvoir laisser mon passé derrière moi, commençant une nouvelle vie. C'est tout ce qui comptait.
Je m'engageai vers Eolionne. Montai sur la selle du cheval.
De ce fait, il ne me fallu qu'une journée pour atteindre la frontière du Pays des fées libertines. L'équidé était plutôt rapide et endurant.
Le seigneur n'avait pas lésiné sur la qualité de la monture.
J'en descendis quelques kilomètres plus loin, scrutant les alentours, à la recherche d'une auberge ou d'un endroit abrité où passer la nuit.
J'arriverai à Eolionne le lendemain.
Qu'allais-je devenir ? Mon titre serait-il toujours un fardeau ? Quelle en était la signification ? Je ne comprenais toujours pas pourquoi mes parents avaient été choisis par Hyornée.
Je n'eus pas vraiment le temps de chercher des réponses à ces éternelles questions.
Une fée surgit devant mes yeux. Du sang coulant le long de sa poitrine, de son bras et de sa jambe gauche. Le sien. Je me demandai comment elle pouvait encore courir malgré ses plaies.
La présence d'autres êtres me sortit de mes pensées. Je pouvais entendre leurs pieds frappant lourdement le sol. Ils seraient là d'ici deux minutes. Elle devait être véloce pour avoir pris une telle avance sur eux, car, au rythme de leur course, je pouvais en déduire qu'ils étaient plutôt rapide, et elle était blessée.
J'allais voir la jeune fée, me renseignant davantage sur son état de santé. C'est alors qu'un autre détail me frappa. Ses ailes. Elles n'étaient pas translucides, mais colorées d'un rouge écarlate. Rouge sang.
« _Aide-moi au lieu de contempler mes ailes, jeune elfe. Aide-moi à me relever.
_Pourquoi ferais-je une telle chose ? Je ne sais ni qui tu es, ni pour quelle raison ils t'ont mise dans cet état.
_Si je te le disais, tu fuirais. »
Les êtres se rapprochaient. À leur cadence, il s'agissait de dragons.
« _Cette odeur... commençais-je»
Je masquai mes narines avec mon bras.
« _De la chair brûlée !
_Ils ont attaqué mon village et ont tout détruit. Je me suis lancée à leur poursuite, aveuglément. Je n'ai même pas pris la peine de compter l'ennemi.
_Je vois... »
« Combien de villages comptent-ils encore détruire ? », pensais-je.
« _ Mon village a aussi été attaqué il y a deux ans. Je me suis promise de tuer les responsables de mes mains. Peu importe les conséquences, où qui ils sont.
_Que comptes-tu faire ? Nous ne sommes que deux. Une jeune elfe à la peau étrange et une fée presque à l'agonie.
_Si je ne me trompe, ils sont quatorze, c'est cela ?
_Comment peux-tu... ?
_Si je te le disais, tu fuirais. Laisse-moi m'en charger. »
J'invoquai la force qui m'habitait. Me laisser envahir. Je n'arrivais pas à atteindre le niveau de puissance que j'avais ressenti lors de l'attaque d'Hydrotike. Mais cela suffirait. Je formai un arc d'eau ainsi que des flèches. Les dragons arrivaient.
J'en tirai huit à la suite. Toutes atteignirent leur cible. Huit dragons tombèrent.
La situation s'empirait. La force véritable des dragons ne résidait pas dans leur maîtrise du feu ou dans leur intelligence. Non. Il avait la capacité de se transformer en des êtres, pour ne pas dire des monstres, d'environ cinq mètres de haut. Certains débutèrent le processus de transformation.
J'essayais tant bien que mal de pénétrer les sphères de protection qu'ils avaient bâtît autour d'eux, mais elles étaient impénétrables. Je remarquai que mon cheval s'était déjà enfui. Lui, au moins, n'était pas fou.
« _Fuyons ! Me dit la fée.
_Hors de question !
_Comment comptes-tu les vaincre ?
_Je vais avoir besoin de ton aide ! Nous sommes encerclées de toute façon.
_Je suppose que je n'ai pas le choix.
_Ne t'inquiète pas, je ne te gênerai pas !
_Tu as intérêt, jeune elfe. Donne-moi juste un peu de temps.
_Comment ?!
_Tu veux t'en sortir ? »
Elle se concentra. S'éleva légèrement dans les airs. Prononça une incantation à voix basse. Je la connaissais.
Un processus de régénération.
Le seigneur Inary m'avait pourtant dit que j'étais la seule capable d'en réaliser un. Je comprenais de moins en moins ce qu'il se passait.
Un halo de lumière l'enveloppa. Cependant, je n'eus pas le temps de contempler avec quelle grâce elle allait se soigner. Deux des six bêtes me fonçaient dessus, sûrement pour donner aux autres le temps de récupérer. Je jetai mon sac à terre, dégainai mon katana à temps. Je réussis à arrêter l'énorme patte de l'un d'entre eux. Prononcer une incantation, invoquant des cordes d'eau, immobilisant la bête. Je pointai mon sabre en direction de l'autre assaillant, non transformé, lui transperçant le c½ur.
Je me retournai vers le premier. Remarquai alors que mes yeux étaient différents de d'habitude. Mes pupilles dilatées, mes iris rouge sang. Le symbole sur mon omoplate me fit souffrir, me brûla. Des visions m'assaillirent. Mon contrôle de l'eau s'affaiblissait nettement. Les cordes commençaient à s'écouler le long des pattes de la bête.
La fée prit le relai, le tuant d'un coup d'épée. Je m'évanouis.
15 mars 2047 :
J'attachai mon katana à ma ceinture. Passai mon sac bandoulière en tissus, contenants des armes légères et de jets, quelques vêtements, de quoi manger et une trousse de premiers soins, par-dessus l'épaule.
Je sortis de mon domicile. En fermai la porte. Je ne savais pas quand est-ce que j'allais y revenir. Peut-être dans mes vieux jours.
Je me retournai une dernière fois vers la Capitale lorsque j'en atteins la sortie, un cheval à mes côtés, prêté par le seigneur Inary. Je n'avais même pas pris la peine d'aller le saluer, lui qui avait pris soin de moi et m'avait entraînée au combat pendant ces deux années.
J'allais enfin pouvoir laisser mon passé derrière moi, commençant une nouvelle vie. C'est tout ce qui comptait.
Je m'engageai vers Eolionne. Montai sur la selle du cheval.
De ce fait, il ne me fallu qu'une journée pour atteindre la frontière du Pays des fées libertines. L'équidé était plutôt rapide et endurant.
Le seigneur n'avait pas lésiné sur la qualité de la monture.
J'en descendis quelques kilomètres plus loin, scrutant les alentours, à la recherche d'une auberge ou d'un endroit abrité où passer la nuit.
J'arriverai à Eolionne le lendemain.
Qu'allais-je devenir ? Mon titre serait-il toujours un fardeau ? Quelle en était la signification ? Je ne comprenais toujours pas pourquoi mes parents avaient été choisis par Hyornée.
Je n'eus pas vraiment le temps de chercher des réponses à ces éternelles questions.
Une fée surgit devant mes yeux. Du sang coulant le long de sa poitrine, de son bras et de sa jambe gauche. Le sien. Je me demandai comment elle pouvait encore courir malgré ses plaies.
La présence d'autres êtres me sortit de mes pensées. Je pouvais entendre leurs pieds frappant lourdement le sol. Ils seraient là d'ici deux minutes. Elle devait être véloce pour avoir pris une telle avance sur eux, car, au rythme de leur course, je pouvais en déduire qu'ils étaient plutôt rapide, et elle était blessée.
J'allais voir la jeune fée, me renseignant davantage sur son état de santé. C'est alors qu'un autre détail me frappa. Ses ailes. Elles n'étaient pas translucides, mais colorées d'un rouge écarlate. Rouge sang.
« _Aide-moi au lieu de contempler mes ailes, jeune elfe. Aide-moi à me relever.
_Pourquoi ferais-je une telle chose ? Je ne sais ni qui tu es, ni pour quelle raison ils t'ont mise dans cet état.
_Si je te le disais, tu fuirais. »
Les êtres se rapprochaient. À leur cadence, il s'agissait de dragons.
« _Cette odeur... commençais-je»
Je masquai mes narines avec mon bras.
« _De la chair brûlée !
_Ils ont attaqué mon village et ont tout détruit. Je me suis lancée à leur poursuite, aveuglément. Je n'ai même pas pris la peine de compter l'ennemi.
_Je vois... »
« Combien de villages comptent-ils encore détruire ? », pensais-je.
« _ Mon village a aussi été attaqué il y a deux ans. Je me suis promise de tuer les responsables de mes mains. Peu importe les conséquences, où qui ils sont.
_Que comptes-tu faire ? Nous ne sommes que deux. Une jeune elfe à la peau étrange et une fée presque à l'agonie.
_Si je ne me trompe, ils sont quatorze, c'est cela ?
_Comment peux-tu... ?
_Si je te le disais, tu fuirais. Laisse-moi m'en charger. »
J'invoquai la force qui m'habitait. Me laisser envahir. Je n'arrivais pas à atteindre le niveau de puissance que j'avais ressenti lors de l'attaque d'Hydrotike. Mais cela suffirait. Je formai un arc d'eau ainsi que des flèches. Les dragons arrivaient.
J'en tirai huit à la suite. Toutes atteignirent leur cible. Huit dragons tombèrent.
La situation s'empirait. La force véritable des dragons ne résidait pas dans leur maîtrise du feu ou dans leur intelligence. Non. Il avait la capacité de se transformer en des êtres, pour ne pas dire des monstres, d'environ cinq mètres de haut. Certains débutèrent le processus de transformation.
J'essayais tant bien que mal de pénétrer les sphères de protection qu'ils avaient bâtît autour d'eux, mais elles étaient impénétrables. Je remarquai que mon cheval s'était déjà enfui. Lui, au moins, n'était pas fou.
« _Fuyons ! Me dit la fée.
_Hors de question !
_Comment comptes-tu les vaincre ?
_Je vais avoir besoin de ton aide ! Nous sommes encerclées de toute façon.
_Je suppose que je n'ai pas le choix.
_Ne t'inquiète pas, je ne te gênerai pas !
_Tu as intérêt, jeune elfe. Donne-moi juste un peu de temps.
_Comment ?!
_Tu veux t'en sortir ? »
Elle se concentra. S'éleva légèrement dans les airs. Prononça une incantation à voix basse. Je la connaissais.
Un processus de régénération.
Le seigneur Inary m'avait pourtant dit que j'étais la seule capable d'en réaliser un. Je comprenais de moins en moins ce qu'il se passait.
Un halo de lumière l'enveloppa. Cependant, je n'eus pas le temps de contempler avec quelle grâce elle allait se soigner. Deux des six bêtes me fonçaient dessus, sûrement pour donner aux autres le temps de récupérer. Je jetai mon sac à terre, dégainai mon katana à temps. Je réussis à arrêter l'énorme patte de l'un d'entre eux. Prononcer une incantation, invoquant des cordes d'eau, immobilisant la bête. Je pointai mon sabre en direction de l'autre assaillant, non transformé, lui transperçant le c½ur.
Je me retournai vers le premier. Remarquai alors que mes yeux étaient différents de d'habitude. Mes pupilles dilatées, mes iris rouge sang. Le symbole sur mon omoplate me fit souffrir, me brûla. Des visions m'assaillirent. Mon contrôle de l'eau s'affaiblissait nettement. Les cordes commençaient à s'écouler le long des pattes de la bête.
La fée prit le relai, le tuant d'un coup d'épée. Je m'évanouis.